Snaat Bladi est né d'un constat simple : il n'existait pas, dans l'écosystème éditorial marocain, de publication tenue, sérieuse, régulière et bilingue qui prenne l'artisanat comme objet en soi — et non comme produit dérivé du tourisme. Les sources officielles produisent des rapports techniques, la presse économique cite des chiffres, les magazines lifestyle promeuvent des designers. Manquait un lieu où l'on puisse, lentement, regarder un geste, écouter un maâlem, suivre une matière depuis le sol jusqu'à la main.
i. Mission
Nous documentons les seize grandes filières de l'artisanat marocain et les seize éléments inscrits par le Maroc au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Nous le faisons dans trois langues — français, arabe, anglais — pour que les artisans, les chercheurs, les diaspora et les voyageurs puissent y accéder. Nous ne sommes pas une plateforme de vente, ni un guide d'achat ; nous renvoyons systématiquement vers les coopératives et les ensembles artisanaux institutionnels.
Trois engagements structurent le travail rédactionnel :
- Sources officielles d'abord. Toute affirmation institutionnelle, historique ou chiffrée est référencée à la source primaire — UNESCO, Maison de l'Artisan, Ministère du Tourisme, Bulletin officiel, OMPIC, INHA, ENA.
- Le maâlem comme source. Les techniques sont décrites à partir d'entretiens menés en atelier, en arabe ou en darija, et non depuis des manuels.
- Pas d'orientalisme. Nous nous interdisons un vocabulaire qui exotise — « mystérieux », « envoûtant », « secret oriental ». Nous décrivons.
ii. Ligne éditoriale
Snaat Bladi distingue cinq formats. Les fiches de métier, exhaustives, présentent une filière (matière, géographie, histoire, technique, économie, institutions). Les fiches de patrimoine reprennent élément par élément les inscriptions UNESCO du Maroc. Le magazine publie des reportages longs (3 000 à 5 000 mots) et des essais. Le carnet regroupe les brèves institutionnelles. Les fiches régionales, enfin, cartographient les huit grands centres de l'artisanat.
La rédaction publie environ huit articles par mois sur l'ensemble des sections. Le calendrier suit les saisons : numéro de magazine en hiver, numéro de printemps, numéro d'été. Les brèves du carnet sont publiées au fil de l'eau.
iii. Méthode
Chaque article passe par quatre étapes. Recherche documentaire à partir des sources officielles citées et des références universitaires. Vérification terrain dans la mesure du possible — visites d'ateliers, entretiens avec les maâlems, observation des techniques. Relecture par un pair connaissant la filière. Mise en page à la rédaction. Les articles sont datés, signés (lorsque l'auteur souhaite l'être) et mis à jour si l'institution publie une donnée révisée.
Nous ne publions ni publi-rédactionnel ni placement de produit. Les liens sortants vers les coopératives ou les ensembles artisanaux sont gratuits et n'engagent aucun partenariat commercial. Les annonces de salons, programmes ou inscriptions sont relayées en tant qu'information d'intérêt général, sans contrepartie.
iv. Indépendance
Snaat Bladi est édité de manière indépendante depuis Marrakech. La publication n'est financée par aucun ministère, aucune agence touristique, aucune entreprise. Les coûts de fonctionnement (hébergement, recherche, déplacements) sont couverts par les fondateurs et, à terme, par un abonnement volontaire à la version papier annuelle. Nous publions chaque année un compte simplifié de nos revenus et dépenses sur la page Transparence.
v. Direction
La rédaction est dirigée depuis Marrakech, en lien avec un réseau de correspondants à Fès, Essaouira, Tétouan et Tiznit. Nous accueillons des contributions extérieures de journalistes, anthropologues, designers et chercheurs travaillant sur l'artisanat marocain. Pour soumettre un sujet, écrire à salam@snaatbladi.com avec un synopsis et un échantillon de travaux.
vi. Reproduire, citer, traduire
Les textes de Snaat Bladi sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0 : ils peuvent être reproduits et adaptés à condition de citer la source, de ne pas en faire un usage commercial et de partager les versions dérivées sous la même licence. Les photographies d'archives appartiennent à leurs ayants droit respectifs et sont citées en légende. Pour les usages commerciaux, contacter la rédaction.