Le moussem des Fiançailles d'Imilchil n'est pas un simple festival du mariage. C'est le moment officiel où la tribu Aït Hadiddou — branche berbère du Haut Atlas oriental — autorise les jeunes filles et jeunes hommes en âge de se marier à se rencontrer, se choisir, et parfois conclure un mariage la même semaine.

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Vidéo · Le geste en mouvement

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La tradition s'enracine dans une légende fondatrice : deux jeunes gens de deux clans rivaux, séparés par leur famille, auraient pleuré au point que leurs larmes formèrent les deux lacs proches d'Imilchil, Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée). Le moussem perpétue cette mémoire en offrant une fois par an l'institution sociale qui leur a manqué.

I. Le rite

Les jeunes femmes en âge se présentent en habits cérémoniels : haïk noir bordé rouge, tafziwt (collier), tizerzaï (fibules d'argent). Les jeunes hommes en djellaba blanche et turban. Les rencontres sont médiées par les anciens. Le contrat de mariage peut être conclu sur place, devant les adoul (notaires traditionnels).

II. Le marché et la fantasia

Autour du sanctuaire de Sidi Hmad Oulmghani, le marché temporaire rassemble les nomades amazighs de tout le Maroc oriental. Vente de tapis, de bestiaux, de bijoux ; démonstrations de tbourida ; ahidous nocturne en cercles concentriques de centaines de danseurs.

III. Aujourd'hui

Le moussem s'est ouvert au tourisme depuis les années 1990 — au prix d'une mise en spectacle critiquée par certains anthropologues, mais saluée par les autorités locales comme moteur économique de la province. Les Aït Hadiddou eux-mêmes restent maîtres de la cérémonie centrale.

Sources

  1. Hammoudi, A.Sayyid et son maître. Pouvoir et lien personnel dans le Maghreb, Seuil, 1997.
  2. Office National Marocain du Tourismevisitmorocco.com
  3. Maison de l'Artisanmaisondelartisan.ma