La calligraphie arabe est, dans le monde musulman classique, l'art majeur. Sans représentation figurative, elle élève l'écriture du Coran et la transcription du nom divin au rang de pratique spirituelle. Le Maroc occupe dans cette tradition une place spécifique : il a conservé jusqu'à aujourd'hui les écoles maghrébi et andalou, distinctes du style oriental ottoman dominant.
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à remplaceri. Le style maghrébi
Le style maghrébi se distingue par ses lettres ronde et ouvertes, ses kaf et sad élancés, ses nun et yâ finaux profonds en demi-cercle, ses diacritiques colorés. Il dérive du style coufique kairouanais des IXe-Xe siècles et atteint sa maturité sous les Almoravides et Almohades. Le Coran de Marrakech (Bibliothèque Nationale), copié au XIIe siècle, en est un exemple canonique.
ii. Le style andalou
Variante plus fluide du maghrébi, apparue à Cordoue, Séville et Grenade entre le Xe et le XVe siècle, le style andalou se reconnaît à ses pleins et déliés plus contrastés, à ses ornements végétaux entre les lignes. Après 1492, les Morisques chassés d'Andalousie en apportent les manuscrits et la pratique à Tétouan, Salé et Fès, où l'école se perpétue jusqu'à aujourd'hui.
iii. Supports et techniques
Le calligraphe marocain travaille sur parchemin, papier, bois, plâtre (pour les gebs muraux), cuivre (pour la gravure dinanderie), zellige (pour les frises de mosquées). Le qalam, taillé dans le roseau à biseau spécifique, conditionne l'épaisseur du trait. L'encre, dite midad, est traditionnellement préparée à partir de suie de bougie, gomme arabique et eau.
iv. Aujourd'hui
L'École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech, l'Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, et plusieurs ateliers privés à Casablanca et Rabat assurent la transmission. Des calligraphes marocains contemporains — Mehdi Qotbi, Lassaad Metoui, Hassan Massoudy (origine irakienne mais formation marocaine) — exportent le style à l'international.