Le Moussem de Tan-Tan est le rassemblement annuel des tribus nomades et semi-nomades du Sud marocain et de la Mauritanie, qui se retrouvent autour de la ville de Tan-Tan (province de Tan-Tan, au sud du Souss) pour fêter, commercer, marier, conclure des alliances. La tradition remonte au XIXe siècle, autour du saint Sidi Mohammed Laghdaf.

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Vidéo · Le geste en mouvement

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i. Origines

Le moussem s'est constitué à partir de 1860 environ autour de la zaouïa de Sidi Mohammed Laghdaf, où les confréries des grandes tribus hassanies — Aït Oussa, Reguibat, Tekna, Oulad Delim, Aït Lahcen — venaient en pèlerinage. Au-delà du religieux, il fonctionnait comme une foire commerciale, un marché aux chameaux, un tribunal coutumier d'arbitrage des conflits intertribaux, et un lieu de rencontre matrimoniale.

ii. Programme

La fête dure une dizaine de jours en mai-juin. Elle comprend : un camp de tentes khaïma dressé sur le site historique, une procession dite guedra de cavaliers, des courses de chameaux, des concours de chants hassani, des soirées poétiques, des démonstrations d'artisanat saharien (tapis, cuir, argenterie). Le ministère de la Culture organise depuis 2004 une réédition annuelle officielle.

iii. La guedra

Danse féminine emblématique des tribus hassanies, la guedra se danse à genoux, sous un long voile noir, au son du tambour éponyme. Elle est interprétée par une seule femme à la fois, qui mime, par les mouvements de ses bras et de ses doigts, l'envol des oiseaux et le souffle du désert. Elle s'achève par un évanouissement rituel.

iv. Aujourd'hui

Interrompu de 1979 à 2004 en raison du conflit du Sahara occidental, le Moussem a été rétabli officiellement par décision royale en 2004 et placé sous le patronage du roi Mohammed VI. Il accueille aujourd'hui plus de 500 000 visiteurs annuels, devient un événement diplomatique et culturel, et joue un rôle central dans la politique de préservation du patrimoine hassani.

Sources