Le henné désigne à la fois une plante (Lawsonia inermis), la poudre tirée de ses feuilles séchées, et la pratique d'ornementation corporelle qui l'utilise. Au Maroc, le henné accompagne les passages : naissance, circoncision, fiançailles, mariage. La séance dite laylat al-henna précède la nuit de noces ; une nqachat (maître henneuse) dessine sur les mains et les pieds de la mariée des motifs floraux ou géométriques.
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à remplaceri. Origines et culture
L'arbuste du henné, originaire d'Asie du Sud-Ouest et d'Afrique du Nord, est cultivé pour ses feuilles depuis au moins quatre mille ans. Au Maroc, le henné est produit principalement dans les oasis du Tafilalet et du Drâa, ainsi que dans la région du Souss. Les feuilles sont séchées à l'ombre, puis pilées en poudre fine ; la poudre est mélangée à de l'eau, parfois additionnée de jus de citron, de thé fort ou d'huile essentielle pour fixer la teinte.
ii. Le rituel marocain
Au Maroc, la cérémonie de henné fait partie intégrante du protocole nuptial. La veille du mariage, les femmes de la famille de la mariée se rassemblent ; une nqachat professionnelle ou une parente experte dessine les motifs. Les écoles régionales se distinguent par leur grammaire : motifs floraux et arabesques fines à Fès, géométries amazighes à motifs tatouages dans le Sud, motifs sahraouis stylisés à Laâyoune et Dakhla.
iii. Symbolique
Le henné est porteur d'un signifiant double : pratique cosmétique d'une part, signe rituel d'autre part. Dans la tradition, il protège du aïn (mauvais œil), accompagne la fertilité et appelle la baraka. Son odeur, légèrement camphrée, est associée à la pureté et à la fête. La dose, la couleur (du orange pâle au brun profond selon le temps de pose et la qualité de la pâte), la précision du tracé sont autant de marqueurs sociaux.
iv. Économie
La production de henné au Maroc, peu industrialisée, repose sur des coopératives oasiennes et un commerce de bazar. La filière connaît depuis les années 2010 un renouveau lié à la cosmétique naturelle. Le ministère de l'Agriculture étudie depuis 2023 une éventuelle IGP pour le henné du Tafilalet, qui jouit d'une qualité reconnue à l'international.