La Taskiwin est une danse collective masculine, en cercle, accompagnée de chants amazighs et de tambours sur cadre bendir. Le costume de chaque danseur comprend une corne décorée portée à la taille (la taskiwt, qui donne son nom à la pratique), un poignard khoumas, une djellaba blanche et un turban. La danse est martiale dans son origine mais devient festive dans son usage moderne.

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Vidéo · Le geste en mouvement

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i. Géographie

La Taskiwin se pratique principalement dans la haute vallée de l'Ouirgane, à Tinmel, dans les contreforts du Toubkal, ainsi que dans les villages amazighs de la province d'Al Haouz et de Taroudant. Elle est attestée au moins depuis le XVIIe siècle dans les chroniques saadiennes, mais ses racines remontent probablement aux rites guerriers berbères pré-islamiques.

ii. Forme

Vingt à quarante danseurs se mettent en cercle, autour du cheïkh qui mène. Le chant alterne entre soliste et chœur, sur un mètre asymétrique. La danse comprend trois phases : introduction grave, échauffement à mi-tempo, climax en accélération progressive. Les danseurs frappent du pied, font tourner leurs cornes, lancent des cris de guerre rituels.

iii. Menaces

La pratique est en déclin sévère : exode rural, urbanisation, vieillissement des maâlems, perte du tissu villageois traditionnel. Le séisme d'Al Haouz du 8 septembre 2023, qui a touché précisément cette zone, a aggravé la vulnérabilité de la transmission en dispersant les communautés porteuses. La situation post-séisme est suivie spécifiquement par l'UNESCO depuis 2024.

iv. Sauvegarde

Le ministère de la Culture, en partenariat avec l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), a engagé depuis 2017 un programme de documentation vidéo et sonore exhaustive, et de transmission aux nouvelles générations via les Maisons de la Jeunesse de l'Atlas. Une école de Taskiwin a ouvert à Asni en 2019.

Sources