La dinanderie marocaine recouvre trois métiers distincts : le nqach (gravure et ciselure sur cuivre), la damasquinerie (incrustation de fils d'or et d'argent dans une plaque d'acier), et la filigrane (orfèvrerie d'argent tressé). Chacun mobilise un atelier, des outils et une école. La trilogie est concentrée à Fès — capitale du cuivre —, à Meknès — capitale historique de la damasquinerie — et à Tétouan, où l'école andalouse a transmis ses motifs floraux depuis le XVe siècle.
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à remplaceri. Cuivre — la dinanderie de Fès
La place Seffarine, à l'est de la médina de Fès, concentre depuis le XIIe siècle les ateliers de dinanderie. Les dinandiers y martèlent depuis plus de huit cents ans les plateaux à thé, les théières, les lanternes, les vases. Le travail commence par une plaque de cuivre rouge, chauffée, repoussée à l'envers (technique du repoussé), puis ciselée au burin. La gravure suit une partition rigoureuse : centre rosacé, frises, calligraphies coufiques et thuluth, motifs végétaux stylisés.
ii. Damasquinerie de Meknès
Importée d'Andalousie au XVe siècle, perfectionnée sous Moulay Ismaïl au XVIIe, la damasquinerie consiste à incruster des fils d'or ou d'argent dans une plaque d'acier noircie. L'artisan creuse à l'aiguille les rainures qui accueilleront le fil, puis le martèle dans la cavité, l'enfonce, le polit. Le contraste entre l'or fin et le métal sombre donne aux poignards, aux écrins et aux plats damasquinés leur éclat caractéristique.
iii. Filigrane d'Essaouira et de Tiznit
Distincte de la dinanderie proprement dite, la filigrane d'argent travaille des fils torsadés à 0,1-0,5 mm de section, soudés en motifs ajourés. Essaouira a longtemps été un centre filigraneur lié à la communauté juive locale ; Tiznit, dans le Souss, reste aujourd'hui la capitale vivante du métier, avec une trentaine d'ateliers actifs à Bab El Mâader.
iv. Transmission
L'inscription UNESCO 2023 vise précisément à protéger une chaîne de transmission fragile : la majorité des maâlems dinandiers ont aujourd'hui plus de soixante ans, et le métier souffre de la concurrence des imports asiatiques bon marché. Le Centre de Qualification Professionnelle de l'Artisanat de Fès forme une vingtaine d'apprentis par an, mais l'attrition reste élevée.