Au Maroc, le palmier dattier (Phoenix dactylifera) structure le paysage agricole et culturel du Tafilalet, du Drâa, du Souss-Massa et de Figuig. La palmeraie n'est pas seulement un verger : c'est un système agro-forestier complet, dit oasien, à trois étages (palmiers, arbres fruitiers intermédiaires, cultures basses), qui rend possible l'habitation humaine en climat aride.
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à remplaceri. Géographie marocaine
Le Maroc compte environ 5,5 millions de palmiers dattiers répartis sur 50 000 hectares, principalement dans le Tafilalet (autour d'Erfoud et Rissani), la vallée du Drâa (de Zagora à M'Hamid), Figuig à l'est, et l'oasis du Souss au sud-ouest. Les variétés cultivées dépassent la centaine, dont les célèbres Mejhoul, Bouferguous, Bouskri, Jihel, Aziza Bouzid. Le Mejhoul du Tafilalet bénéficie d'une IGP depuis 2011.
ii. Artisanat lié
Le palmier nourrit une chaîne artisanale : le bois pour la charpente traditionnelle (poutres en stipe), les palmes pour la vannerie (paniers tbeq, khoufa, nattes hassira), les fibres pour la corderie, les noyaux pour le combustible. La vannerie de palme est une activité féminine dans la plupart des oasis ; elle nourrit aussi le tourisme et la décoration intérieure.
iii. Rituels et calendrier
La nakhla rythme l'année oasienne. La pollinisation manuelle (tlbir) se fait au printemps, le maâlem grimpant à l'arbre avec une mèche fleurie mâle. La récolte (jniyya) commence en septembre. Les moussems de la datte — à Erfoud chaque octobre — célèbrent la récolte et fixent les prix de gros pour la saison.
iv. Menaces
Les palmeraies marocaines sont menacées depuis 1880 par le bayoud, maladie fongique qui a détruit plus de douze millions de palmiers en un siècle. La replantation avec des variétés résistantes (programme PMV puis Plan Maroc Vert 2008-2020 et stratégie « Génération Green » 2020-2030) tente de reconstituer le verger. L'INRA marocain pilote la recherche variétale.