La fauconnerie marocaine consiste à élever, dresser et utiliser un faucon (généralement Falco pelegrinoides, le faucon de Barbarie) ou un épervier (Accipiter nisus) pour chasser le petit gibier — perdrix, lièvre, outarde, parfois canard. Elle est pratiquée principalement dans la région de Doukkala-Abda (Kalâa des Sraghna), de Tadla, et dans le pays Zaer.

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Vidéo · Le geste en mouvement

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i. Histoire

Les premières mentions de la fauconnerie marocaine apparaissent dans les chroniques mérinides du XIVe siècle, notamment dans le récit du sultan Abu al-Hassan. Sous les Saadiens et les Alaouites, la fauconnerie devient un sport de cour ; le sultan Moulay Ismaïl entretient au XVIIe siècle plusieurs centaines de faucons dans ses fauconneries impériales. La pratique populaire se maintient dans les tribus chiadma, doukkala, et tadla.

ii. Dressage

Le dressage d'un faucon dure plusieurs mois. Le fauconnier, appelé tair ou bayzar, capture le rapace jeune, l'habitue progressivement à la main gantée (gant de fauconnerie, kfara), à la nourriture rationnée et à l'appel par le sifflet. Une fois adulte, le faucon chasse au lever (lawkir) et est rappelé au gant après chaque prise.

iii. Confréries

Le métier est traditionnellement transmis dans deux grandes confréries : celle des Aïssaoua de Kalâa des Sraghna et celle de Doukkala. La Confrérie marocaine de fauconnerie, structure fédérative créée en 2003 et reconnue par le ministère de la Culture, regroupe environ 200 fauconniers actifs.

iv. Festival

Le Festival national de fauconnerie de Kalâa des Sraghna, organisé chaque automne, attire fauconniers marocains et invités du Golfe — Émirats, Qatar, Arabie saoudite — où la pratique reste très vivante. L'inscription UNESCO 2021 a renforcé les coopérations internationales.

Sources