Le malhoun (de l'arabe lahn, mélodie) désigne à la fois une forme poétique strophique, une mélodie qui la porte, et un cadre interprétatif communautaire. Il naît dans les zaouïas soufies et les corporations artisanales, particulièrement à Meknès, Fès, Salé et Marrakech. Ses sujets vont de l'éloge du Prophète à l'amour profane, en passant par la satire sociale et l'éloge des villes.
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à remplaceri. Origines
Le malhoun apparaît dans le Maroc des XIIe-XIIIe siècles, parmi les corporations d'artisans et les confréries soufies. Le poète mythique Lakhdar Ben Khlouf au XVIe siècle, puis Ali Beghdadi au XVIIIe, fixent les codes. Le malhoun se distingue de la poésie classique fusha par son usage du dialecte et de la métrique populaire dite qaffi. Il se chante seul ou accompagné d'un ensemble dit jawq al-malhoun.
ii. Forme et thèmes
Le poème de malhoun (qasida) est composé de aqsam (strophes) et de harba (refrain). Le poète, dit cheïkh, signe son texte par un tawjih final. Les thèmes classiques incluent : l'amour mystique (al-hubb al-ilahi), l'éloge des villes (madh al-mudun), la description des fleurs et des saisons (al-rabia, al-warda), la complainte amoureuse, la satire politique sous le voile de l'allégorie.
iii. Musique
L'orchestre type comprend un oud (luth), un kamandja (vièle), un swissen (mandoline marocaine), un taarija ou un deff (tambour sur cadre). Le cheïkh, soliste, chante en assis ; les choristes répondent au refrain. Une qasida dure typiquement entre 20 et 60 minutes en concert ; sur scène lors des festivals, elle peut s'étendre à plus d'une heure avec improvisations.
iv. Aujourd'hui
L'Académie du Royaume du Maroc consacre depuis 2007 un colloque annuel au malhoun. Le Festival national du Malhoun à Meknès, créé en 2014, réunit chaque automne plus de trente troupes du pays. L'inscription UNESCO 2023 a renforcé les dispositifs de transmission, notamment via les conservatoires de Fès, Meknès, Marrakech et Casablanca.