Le régime méditerranéen désigne un ensemble de pratiques alimentaires, agricoles, festives et sociales partagées par les sociétés du bassin méditerranéen. Au Maroc, c'est la communauté de Chefchaouen qui a été retenue comme cas d'étude représentatif : une médina rurale-urbaine du Rif, fondée en 1471 par les Morisques chassés d'Andalousie, et qui conserve une culture alimentaire d'une rare cohérence.

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i. Le cas Chefchaouen

Chefchaouen, perchée à 600 mètres dans le Rif occidental, présente plusieurs traits propres au régime méditerranéen : huile d'olive comme matière grasse principale, blé tendre cultivé en sec, légumineuses (fèves, pois chiches, lentilles), légumes saisonniers du jardin al-jnan, fromage de chèvre frais jben, viande consommée modérément, poisson absent (ville continentale), vin absent (musulmane), eau et thé à la menthe omniprésents.

ii. Composantes

L'inscription UNESCO 2013 met l'accent moins sur les aliments en eux-mêmes que sur les pratiques qui les accompagnent : pratiques agricoles (cultures de terrasse, polyculture), pratiques de pêche (artisanale, saisonnière), pratiques sociales (repas pris en commun, hospitalité du diafa), rituels festifs (mariages, naissances, fêtes religieuses), savoir-faire (boulangerie, séchage des viandes, fabrication du jben, ramassage des plantes sauvages).

iii. Santé et patrimoine

Les vertus sanitaires du régime — reconnues par Ancel Keys dans les années 1960 — ont contribué à son inscription comme patrimoine immatériel à sauvegarder. Une fois encore, c'est moins la prescription nutritionnelle qui est protégée que les pratiques qui la rendent possible : marchés de proximité, cultures locales, transmission familiale.

iv. Aujourd'hui

Le ministère de la Culture, en partenariat avec la municipalité de Chefchaouen et l'INRA, a engagé depuis 2014 un inventaire alimentaire ethnographique de la ville. Plusieurs coopératives féminines y produisent miel, fromage et confitures sous label « cuisine méditerranéenne marocaine ». Un musée de l'alimentation est en projet pour 2026.

Sources