L'arganier (Argania spinosa) est un arbre endémique du Sud-Ouest marocain : il pousse principalement entre Essaouira, Agadir, Taroudant et la vallée du Souss. Sa réserve de biosphère, reconnue par l'UNESCO en 1998, couvre 2,5 millions d'hectares. L'arbre produit un fruit dont l'amande contient une huile à très haute valeur cosmétique et alimentaire.

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i. Botanique

L'arganier est un arbre épineux de 8 à 10 mètres, à la cime étalée et au feuillage persistant. Il peut vivre plus de 200 ans. Adapté à la sécheresse, il tolère des sols pauvres et des précipitations inférieures à 200 mm/an, ce qui lui permet d'occuper la frange semi-désertique pré-saharienne. Il fixe le sol et constitue une barrière naturelle contre l'avancée du désert.

ii. Production de l'huile

La fabrication traditionnelle est un travail féminin en sept étapes : récolte des fruits tombés au sol entre juin et août ; séchage en cour ; dépulpage à la main ; concassage de la noix entre deux pierres pour libérer l'amande (étape la plus longue et la plus exigeante) ; torréfaction légère sur feu de bois pour l'huile alimentaire (omise pour l'huile cosmétique) ; broyage à la meule à bras ; pétrissage et décantation. Il faut environ 100 kg de fruits pour 2-3 litres d'huile.

iii. Coopératives féminines

L'huile d'argan était auparavant produite domestiquement. La structuration en coopératives féminines depuis les années 1996, avec l'appui de l'ONG Targanine et de l'INRA, a transformé la filière : aujourd'hui, plus de 200 coopératives regroupent plus de 5 000 femmes adhérentes, avec une rémunération directe et un accès à l'alphabétisation. L'huile d'argan du Maroc bénéficie d'une IGP depuis 2009 et d'une AOC depuis 2010.

iv. Économie et exports

La production marocaine atteint environ 4 000 tonnes annuelles, dont 80% exportés vers l'UE, les États-Unis et le Japon, principalement en cosmétique haut de gamme. La filière représente un chiffre d'affaires d'environ un milliard de dirhams. La principale menace reste la surexploitation : l'INRA et les Eaux et Forêts mènent un programme de replantation actif depuis 2010.

Sources