La tbourida (du verbe barada, « tirer le baroud ») est une parade équestre collective qui mobilise une sorba (troupe) de cavaliers — généralement quinze à trente — montés sur des chevaux barbe ou arabe-barbe. La troupe charge au galop sur une piste rectiligne d'environ 200 mètres, puis tire à la verticale, dans la fraction de seconde précise où elle s'arrête, une salve synchronisée de leurs fusils moukhalla.

Galerie

défiler →

Vidéo · Le geste en mouvement

à remplacer
Trois à dix cavaliers Placeholder · à remplacer par embed YouTube / Vimeo (FR · AR · EN sous-titres)

i. Origines

La tbourida descend des entraînements militaires des cavaleries dynastiques marocaines, codifiée sous les Saadiens (XVIe siècle) et les Alaouites (à partir du XVIIe). Le mot français fantasia apparaît au XIXe siècle dans les récits des peintres orientalistes — Delacroix la fixe dès 1832 dans son tableau Fantasia arabe. Mais l'usage marocain a toujours préféré le mot tbourida, dérivé directement du baroud.

ii. La sorba

La troupe est conduite par un moqaddem, généralement le plus expérimenté ou le plus respecté. Elle aligne quinze à trente cavaliers, chacun montant son propre cheval, dressé spécifiquement pour la charge. Le harnachement est ornementé — selle serj en cuir brodé, étriers d'argent ciselé, brides et caparaçon brodés de fil d'or. Le costume des cavaliers reprend la djellaba, le sarwal, la chéchia et la babouche, en code régional.

iii. Moussems

La tbourida est indissociable des grands moussems : moussem de Moulay Abdellah Amghar près d'El Jadida (un des plus anciens), moussem de Tan-Tan (lui-même inscrit UNESCO), moussem de Tissa pour le cheval, salon du cheval d'El Jadida créé en 2008. La FRMSE (Fédération royale marocaine des sports équestres) régule désormais les compétitions et homologue les sorbas.

iv. Femmes en tbourida

La tradition était masculine ; mais depuis les années 2000, des sorbas féminines se sont constituées, notamment celle de Houda Ennaji, première moqqadma féminine officiellement enregistrée. Le Salon du cheval d'El Jadida intègre depuis 2014 une catégorie féminine. L'évolution traduit la modernisation du métier.

Sources